Prothèse de la hanche

 

Quand faut-il aller chez votre spécialiste de la hanche ?

Si vous avez des douleurs à l’aine liées à la marche ou le matin en se levant il est possible que ces symptômes soient causés par une arthrose (usure) de la hanche. Les douleurs irradient souvent vers le genou. Une fois l’arthrose avance, la hanche devient aussi raide.

Si l’arthrose n’est pas encore grave, il faut un traitement non-opératoire comme une adaptation de vos activités, des médicaments ou la rééducation. Normalement c’est votre médecin de famille qui s’occupe du traitement non-opératoire. Une fois que vous ne tolérez plus les symptômes, vous devriez aller chez votre chirurgien de la hanche. Il établira tout d’abord que vos symptômes sont effectivement provoqués par une pathologie de la hanche. Si c’est le cas, il vous proposera un remplacement de l'articulation de la hanche par un implant qui reconstitue la fonction de la hanche arthrosique et soulage les douleurs en augmentant ainsi la qualité de vie et l’indépendance du porteur de la prothèse considérablement.

 

Types de PTH (Prothèse Totale de la Hanche)

Il existe bien plusieurs centaines d’implants sur le marché. Cependant on peut différencier à la base deux types d'ancrage de la prothèse : cimenté ou non-cimenté.  Le premier étant la méthode classique d'ancrage de la prothèse dans l'os.

La PTH classique est composée d’un implant fémoral, la tige, et la partie acétabulaire, la cupule. Elle est fixée dans l’os par comblement de l’espace entre les composants de la prothèse et l’os par un ciment en polyméthylméthacrylate. Autrement dit elle est collée solidement dans l’os dès le début.

Les PTH non-cimentées par contre obtiennent leur fixation primaire par pressfit (coincement) avec les surfaces osseuses. Après quelques mois, l’implant a reçu une croissance osseuse dans les pores de sa surface métallique. Autrement dit les cellules osseuses ont poussé dans la surface poreuse de l’implant et on a obtenu une ostéointégration firme de la prothèse.

Il existe aussi des formes mixtes, ça veut dire une cupule non-cimentée combinée avec une tige cimentée.

Le choix entre un implant cimenté ou non-cimenté se fait en fonction de la situation et des besoins individuels du patient. Mais la formation et les habitudes du chirurgien jouent un rôle important pour la sélection de l’implant. Il y a donc des chirurgiens qui utilisent uniquement des implants non-cimentés ou complètement cimentés.

 

Résultats

Généralement, les résultats à court et long terme d’une PTH sont très encourageants.

Les résultats de court terme sont ceux d’une satisfaction du patient, la disparition des douleurs, le retour de la fonction et la maintenance de l’indépendance.

Les résultats de long terme concernent la longévité de la prothèse. La durée de vie moyenne d’une PTH en utilisant les matériaux modernes est de 15 à 20 ans, mais il existe des PTH qui ont survécu plus de 25 ans. Dans les grands registres prothétiques du monde les prothèses cimentées ont un taux de succès légèrement supérieur par rapport aux prothèses non-cimentées. Cette différence de longévité en faveur des prothèses cimentées augmente avec l’âge du patient au moment de l’implantation de la PTH.

Il faut donc un choix de l’implant qui est soigneusement adapté aux besoins, le taux d’activité, la qualité et la morphologie de l’os et, chose plus importante, la décision éclairée du patient.

 

Reprise des activités quotidiennes, professionnelles et sportives

Vous allez vous lever à l'aide des cannes et assisté par un physiothérapeute soit le jour-même de l’intervention soit le lendemain. Vous partirez de l’hôpital après 4 à 5 jours. Normalement vous rentrez chez vous mais parfois, selon vos besoins et circonstances, vous irez dans une clinique de rééducation encore une ou deux semaines. En fonction du type de la prothèse implantée et la qualité de l'os, vous pouvez soit mettre une charge complète sur la hanche opérée soit on vous conseille une charge partielle pendant quelques semaines. Toutes ces mesures visent à éviter un descellement précoce de votre prothèse et à réduire les risques postopératoires surtout ceux d'une thrombose et d'une embolie pulmonaire.

Beaucoup de patients marchent bien après 4 à 6 semaines. Vous ne devez pas conduire pendant 6 semaines. Nous conseillons au moins 6 semaines d'arrêt de vos activités professionnelles. Si vous avez un travail plutôt physique il faut compter 12 semaines jusqu'à la reprise.

Vous pouvez reprendre les activités sportives gentiment après 6 semaines. Le vélo et la natation sont hautement recommandés. Charger la hanche régulièrement ainsi que des sports de contact sont déconseillés. La course à pied est également déconseillée parce que ces activités vont augmenter l'usure et par conséquent diminuer la durée de vie de la prothèse. Faire du ski est possible après 3 mois mais devrait être pratiqué de manière douce. Par contre faire du ski de fonds est hautement recommandé.

 

 

Les risques des prothèses de hanche

Toutes interventions chirurgicales comportent un risque soit de la chirurgie même soit de l’anesthésie. Ces complications sont rares mais on note quelques risques spécifiquement liés à la pose d’une PTH :

 

La phlébite

Suivant la mise en place d'une prothèse totale de hanche il y a un risque important de phlébite. Des caillots de sang peuvent se former dans une veine de la jambe ou du bassin (thrombose). Ces caillots sanguins pourraient –très rarement- se détacher et migrer vers les poumons et causer une embolie pulmonaire ce qui vous exposerait à de graves risques. Afin de réduire ce risque, un traitement anticoagulant est prescrit qu’il faut prendre pendant quelques semaines après la chirurgie.

 

Hématome

Il est fréquent mais normalement pas grave. Généralement il se résorbe spontanément. Parfois, il faut une évacuation chirurgicale.

 

Inégalité de longueur des jambes

Une inégalité de longueur des jambes pourrait persister même si toutes les précautions seront prises, notamment la planification préopératoire sur une radio mensurée du bassin. Si elle gène on peut bien la compenser en portant une talonnette. 

 

Infection de la prothèse

L’infection de la prothèse est rare mais constitue une complication importante. Il faut réopérer et parfois même changer la prothèse ainsi qu’un traitement antibiotique de longue durée. Elle est très rare dans notre institution et en tout cas moins fréquent que le taux moyen pluriannuel d’infections en Suisse.

Luxations de la prothèse

Une luxation (déboîtement de la prothèse) peut arriver lors d'un mouvement extrême.  Il faut donc éviter certains mouvements pendant les 3 mois qui suivent l’implantation de votre prothèse. Les mouvements à éviter vous seront appris par les physiothérapeutes. En plus il faudra dormir sur le dos pendant 6 semaines.

Le risque est plus élevé pour certaines voies d’abord à la hanche (postérieure, mini-invasive).

 

Fractures

Lors de l’implantation de la prothèse ou dans les semaines qui suivent, ça arrive parfois qu’il y ait des fractures surtout du fémur et rarement du cotyle. Les fractures sont beaucoup plus fréquentes pour les prothèses non-cimentées que les cimentées. En cas d’une fracture qui se montre déjà pendant l’opération le chirurgien va réparer cette fracture par d’autres implants comme des plaques, des vis ou des cerclages. Si elle arrive dans les semaines après l’opération il faut souvent, mais pas toujours, réopérer pour stabiliser cette fracture.

 

Blessures des nerfs ou des grands vaisseaux (artères ou veines)

Elles sont rares mais représentent une complication importante. Une blessure des nerfs pourrait entrainer une perte de sensibilité dans la jambe, une paralysie ou des douleurs de longue durée. Lors d’une blessure d’un vaisseau, il faut le réparer par un chirurgien vasculaire et on aura parfois des hémorragies importantes pouvant entraîner la mort du patient.

 

Il faut clarifier que l’occurrence de complications est moins probable quand votre chirurgien spécialiste de la hanche a beaucoup d’expérience.

La liste des risques énumérés ci-dessus ne peut pas être une liste exhaustive. Elle essaie de donner des explications claires et intelligibles sur l’opération. Votre spécialiste vous donnera toutes les explications et conseils spécifiques pour votre situation individuelle pendant la consultation. Il se tient à votre disposition aussi après la consultation en cas ou les questions vous arrivent plus tard.

 
 
 
 
 

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